De tout temps cette pratique, bien que surprenante, parfaitement naturelle, a été menée par des hommes et femmes désireux de connaître le fondement de leur anatomie, certains pour des raisons médicales, certains par désœuvrement, d'autres encore par pure curiosité. Il faut bien comprendre la démarche pour expliquer le geste. Quel besoin d'introduire ? Le plaisir ? La découverte ? Allez mettre le doigt là où nul homme n'a mis le pied ?
Regardons d'abord l'acte solitaire, et donc le cheminement de l'esprit qui y mène. L'onanisme poussé de certains sujets peut amener vers la recherche d'une diversité/variété dans cet acte solitaire et ainsi pousser à explorer plus avant toutes les facettes de sa personnalité. Mais qu'y-a-t-il après cette entrée pour le moins étroite mais aussi malodorante … Cette entrée qu'on ne voit pas, qui est la source de toute la noirceur, de tous les déchets de notre personne. Des questions, des mystères. Endoctrinés par les tabous moralisateurs de notre culture, nous n'osons toucher à cette zone défendue. Il faut donc saisir tout l'aspect transgressif du geste qui ne peut s'avouer à autrui. Peut-être en cherchant à mieux se connaître, mieux connaître son corps, on élargit son fondement pour desserrer l'étroitesse de sa pensée.
De premier abord dérangeante, voire même douloureuse, la pratique semble à la fois délicate mais également peu hygiénique. Dès lors, le comment prend le pas sur le pourquoi. Souplesse et flexibilité permettent de comprendre rapidement qu'il existe plusieurs façons d'y parvenir ainsi que plusieurs degrés dans l'introduction. De l'auriculaire au majeur, les sensations sont multiples et invitent certains à pousser plus loin encore le jeu. Pourtant, satisfait d'avoir découvert un peu plus son corps, ou même rassuré de n'avoir éprouvé aucun plaisir amorale, le geste reste muet et la plupart du temps sans lendemain.
A deux, l'acte revêt d'autres aspects : partage, intimité, connivence, soumission, ...
Remarquons dans un premier temps que toute forme de couples peut pratiquer : deux hommes, deux femmes, un homme et une femme, …
Au fait de se découvrir se rajoute le besoin de découvrir l'autre et la volonté de s'offrir, de se donner à l'autre. Il faut une certaine assurance, une connaissance de soi, une certitude pour laisser quelqu'un violer ainsi l'antre des interdits. De l'autre côté, il faut comprendre le don qui vous est fait. Savoir que l'on peut faire mal, sans même le vouloir. Il faut être à l'écoute, savoir agir en fonction des réactions, être en symbiose avec l'autre.
Au delà du rapprochement physique on-ne-peut-plus intime, on aborde là un niveau de complicité difficile à égaler. Partager de plus, le lourd secret, la bravade des interdits. Etre seuls, à deux face au monde et ses principes, sachant ce que l'on a fait. C'est là, bien souvent une vrai preuve d'amour.